Chapitre 1


<< Comment tout a commencé >>


.Lexie.

La musique trottait sans fin dans ma tête, comme une cassette qui tourne en boucle dans un vieux lecteur rouillé. Elle virevoltait, battait les cloisons de ma boite crânienne et m'embrouillait l'esprit jusqu'à ce que mes nerfs à bout craquent. Jusqu'à ce que ma vue se trouble et que mon équilibre m'abandonne. Et je m'épuisais, tombée au sol, sans que cet air maudit ne me laisse une seule seconde de répit. Alors le souffle court, j'essayais en vain de me raccrocher à quelque chose, à quelqu'un. Même un seul petit sentiment, une unique idée, une bribe de pensée m'aurait sortie de cet état infâme qui me menait au bord de l'agonie. J'étais incapable de penser. Mon cerveau était vide et bourré à la fois. Je ne discernais plus rien. Tout était noir. Et blanc. Fou. Mon corps semblait hors de moi, comme si je n'étais qu'une infime particule à l'intérieur d'un système si grand que je m'y perdais. Mes poumons paraissaient remplis d'une eau si épaisse que je n'avais la force de l'éjecter de ce qu'il restait de moi. Je m'étouffais, le visage contre le parquet froid.

Le parquet ... Ça y est, je tenais mon idée ! C'est le parquet du lycée !

Je tentais de reprendre mon souffle avec peine..
Mes yeux peinaient à distinguer les formes qui m'entouraient. Haletante, rougie et décoiffée, je fis une première tentative pour me relever. Mes muscles endoloris me laissèrent tomber au sol contre lequel je me cognai rudement. Les vagues sons, lointains et indistincts, se transformèrent en un sifflement aigu qui me vrilla les tempes. Soudain, je ressentis une douleur brutale sur ma joue gauche et entendis une voix féminine crier :

- Arrête maintenant ! Tu me fais flipper, réveille-toi !

B-Bea ?

Ma vue revint doucement et je reconnus le visage en larmes de ma meilleure amie, terrifiée, au-dessus de mon corps recroquevillé.

- Lexie ? Putain tu m'as fait une peur bleue ! Mais t'étais partie où là ?!

Elle me braquât sa lampe torche dans les yeux et voulant protester, j'ouvris ma bouche dont seul un râle ridicule en sortit. Évidemment, elle ne manqua pas l'occasion pour se moquer de ma dépouille ! Une fois son fou rire terminé, elle reprit vite son interrogatoire, me hurlant dessus et gesticulant en tous sens.

Malgré mon agacement je pris sur moi, sachant bien que son agression verbale relevait plus de l'inquiétude que de la colère et je me forçai à reprendre mes esprits.

Bon... Qu'est-ce que je fous là ?

Nous étions effectivement au lycée mais il faisait nuit et le bâtiment était vide. Les couloirs prenaient un air lugubre une fois vidés des rires et des ragots qui y résonnaient en temps normal.

- Bon alors ? Qu'est-ce que tu voulais me montrer de si urgent ? J'ai pas que ça à faire moi !

Ah oui ça me revient : la marque !

Il y a quelques semaines alors que je me douchais, j'avais remarqué une trace blanche sur ma hanche et depuis je faisais chaque nuit d'étranges rêves avec des loups sauvages. Au début, c'était des cauchemars effroyables dont je me réveillais en sueur mais aux fils des jours j'avais, comme dans un labyrinthe, trouvé la voie de sortie, la manière de les traverser sans encombres et ils étaient devenus des songes idylliques, des libérations nocturnes qui me berçaient. Chaque soir en m'endormant, je me demandais où cette évasion allait encore m'emmener et je me réveillais en fantasmant à propos de ces terres lointaines.

La trace n'était pas partie. Au contraire, elle semblait plus vive et me brûlait lorsque l'eau coulait sur ma peau chaque matin.

Cette nuit, je m'étais réveillée en plein milieu d'un de ces rêves à cause d'idiots qui criaient dans la rue et j'avais observé avec effroi et fascination à la fois qu'elle luisait d'une pâleur blanchâtre. La marque s'était développée et les contours en étaient mieux définis. On pouvait désormais nettement y reconnaître un petit triangle.

J'ai toujours aimé observer la clarté de la lune : bleuâtre et douce comme un voile de velours qui se poserait sur tout ce que ses rayons touchent. C'était comme si je retrouvais cette lueur apaisante dans ce petit delta lumineux.

Pour seule réponse je soulevais légèrement mon t-shirt dévoilant ma hanche à ses yeux médusés. Même si elle ne brillait plus autant qu'à mon réveil, elle se détachait clairement dans la nuit noire telle une luciole un soir d'été.
.


La nuit était déjà bien entamée et un vent froid soufflait au dehors. Bea tint à me raccompagner au cas où une autre crise s'emparerait de moi. Une fois rentrée, je décidai de me coucher directement sans même prendre le temps de me changer. J'étais exténuée, ma joue me faisait mal et j'étais toujours un peu sonnée par mes chutes.

Ce n'est pas la première fois que ça arrive, ces espèces de crises incontrôlables qui s'emparent de mon corps pour le transformer en pantin désorienté. Elles sont de plus en plus fréquentes et ça me met hors de moi ! Je ne sais pas ce qui les déclenche et je peux pas luter contre... C'est la première fois que cela m'arrive en publique. Je n'en ai pas parlé à mes parents car il m'est impossible de mettre des mots sur ce que je ressens dans ces moments-là. Du coup je les appelle des crises ... des espèces de crises d'angoisse je suppose car je ne saurais décrire le sentiment de désarroi, la peur et les ténèbres qui m'enveloppent lorsqu'elles m'asphyxient.

En me voyant rentrer, ma mère avait insisté pour que je lui raconte ce qui s'était passé et pourquoi je rentrais si tard mais j'étais encore trop faible pour lui répondre.

Je hais mentir à ma mère. Je sais bien qu'elle ne me croit pas quand je lui affirme que je vais bien et que je suis juste un peu fatiguée mais je n'ai pas la force de lui en parler ce soir. Rien que d'y repenser, mon corps se met à trembler et j'ai beau m'efforcer de me concentrer sur quelque chose d'autre, mes pensées reviennent inlassablement sur les bizarreries de ma vie actuelle.

La marque sur ma hanche, les crises, les rêves étranges... Depuis quelques mois, quelque chose avait changé en moi, comme si je m'étais affirmée ! J'apprenais à avoir mon propre avis sur les choses, j'étais devenue plus sûre de moi et je me posais milles questions sur la vie, ma place dans cet univers et le rôle que j'avais à y jouer...


.
Je commençais à comprendre que j'arrivais à un tournant dans mon existence mais je ne pouvais imaginer à quel point il serait dur à prendre ...
.




NDA :

Et voilà ! Mon premier chapitre est enfin en ligne ! N'hésitez pas à me donner vos avis et conseils :D !


Merci à C pour la correction,

Bisous,
Pоза ♥☼


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